Clément Rousset, Tanguy Goetz et Corentin Bigot, cofondateurs de Neptech
Fondée par trois associés aux profils complémentaires, la start-up aixoise NepTech conçoit une nouvelle génération de navires de transport de passagers et de travail, plus respectueux de l’environnement, grâce à des solutions de propulsion bas carbone.
Une équipe complémentaire
À l’origine de NepTech, il y a un trio : Clément Rousset, responsable ingénierie (hydrodynamisme, propulsion et data), Corentin Bigot, CTO et architecte naval, et Tanguy Goetz, CEO en charge du business, de la finance et de la gouvernance.
Tanguy, originaire de Lyon, baigne très tôt dans l’univers entrepreneurial, entre une mère pharmacienne indépendante et un père issu de l’industrie chimique, très impliqué au sein du Réseau Entreprendre. Après l’EDHEC à Lille, il évolue pendant dix ans dans l’aéronautique, chez des géants comme Airbus et Safran. Au sein de ces entreprises, il s’épanouit particulièrement dans l’intrapreneuriat, avec le développement de nouveaux produits et services.
En quête d’une plus grande liberté d’action, il quitte les grands groupes pour une première expérience en start-up. C’est là qu’il y rencontre Clément et Corentin. D’un point de vue professionnel et personnel, ça matche. Alors quand la start-up connaît des difficultés, il apparaît évident pour eux de poursuivre l’aventure ensemble. Ils co-fondent NepTech en 2020, en conservant de leur expérience commune de précieux enseignements sur la gouvernance et la stratégie produit.
Aujourd’hui, Neptech s’appuie sur une équipe de 10 personnes complémentaires et expérimentées.
Vers une navigation décarbonée
NepTech accompagne aujourd’hui les opérateurs dans le verdissement de leurs flottes. Qu’il s’agisse de transport de passagers (navettes, bus maritimes), de balades touristiques ou de navires de servitude portuaire, l’entreprise apporte des solutions concrètes pour une navigation bas carbone.
L’activité de la société repose sur deux piliers :
- La conception de navires électriques ou hybrides (électro-solaire, électro-hydrogène, diesel-électrique). La construction est confiée à différents chantiers navals en France selon les besoins.
- Le rétrofit (ou remotorisation) de navires existants, qui permet de basculer d’une propulsion thermique à une propulsion décarbonée.
Pour garantir une performance maximale à ses navires, NepTech a développé ses propres outils numériques pour recréer l’environnement opérationnel d’un navire. Cela permet de simuler son comportement dans l’eau et prédire ses besoins énergétiques.
2026, l’année de l’accélération
Commercialisant ses navires depuis trois ans, NepTech en compte actuellement quatre en activité :
- 2 navettes de transport public de passagers 100% électriques aux Sables-d’Olonne,
- 1 navette de transport de passagers dans les canaux de Sète,
- 1 vedette scientifique à propulsion hybride diesel-électrique sur le lac Léman.
Et l’entreprise poursuit son expansion. Deux navires sont en construction, un pour Lorient Agglomération et un pour le lac d’Annecy. Leur point commun ? Une plateforme unique. Bien que les usages (tourisme vs transport public) et les réglementations (lacustre vs maritime) diffèrent, NepTech a réussi à mutualiser la conception sur une base monocoque de 14 mètres. Cette approche, à la manière du châssis commun dans l’industrie automobile, permet de réduire les coûts et de centraliser les efforts de R&D.
Après une phase de R&D et des premiers succès commerciaux, 2026 est clairement une année d’accélération pour NepTech sur le plan commercial. L’ambition est claire : devenir un leader de la mobilité navale durable, en France comme à l’international, avec des opportunités déjà identifiées en Europe du Nord et du Sud, ainsi qu’en Asie du Sud-Est.
La Métropole Aix-Marseille-Provence : entre innovation et accessibilité
C’est en Région Sud, et plus particulièrement à Aix-en-Provence, que l’entreprise a choisi de jeter l’ancre. Si plusieurs options étaient envisagées au départ, c’est finalement la Métropole Aix-Marseille-Provence qui a su se détacher, à la faveur de facteurs humains et stratégiques.
- L’écosystème local : la présence de pôles de compétitivité, laboratoires de recherche, partenaires industriels, ainsi que de nombreux acteurs clés du secteur maritime et de l’innovation énergétique fait de l’écosystème Aix-Marseille-Provence un véritable atout. La rencontre avec Frédéric Guilleux, alors directeur de la pépinière CleanTech de l’Arbois, a aussi été déterminante pour l’intégration de la jeune pousse dans cet écosystème.
- L’accessibilité : pour une équipe souvent en déplacement, la connectivité du territoire (gare Aix-TGV, aéroport Aix-Marseille-Provence) est un avantage logistique majeur.
- L’attractivité du territoire : le cadre de vie et le dynamisme de la région Sud constituent un levier de recrutement puissant.
Entretien avec Tanguy Goetz, cofondateur – Photos NepTech
MD