Implantée à Aix-en-Provence, la start-up innovante SP3H offre des solutions de nouvelle génération répondant aux besoins et aux enjeux de la réduction des gaz à effet de serre, notamment dans le domaine du transport. La société, créée par Alain Lunati il y a maintenant 18 ans, propose des micro-capteurs proche infrarouge, robustes et intelligents permettant d’identifier en temps réel et en continu la qualité des fluides.

 

La technologie intelligente embarquée de SP3H

 

Alain Lunati, après avoir travaillé une dizaine d’années dans le domaine du pétrole dont il analysait la qualité en temps réel à l’aide d’analyseurs infrarouge « gros comme une armoire » et pour le moins onéreux (150.000€), a eu l’idée de miniaturiser cette technologie pour l’intégrer à des véhicules avec un prix bien moindre. Le système repose sur le traitement des informations envoyées par le capteur miniaturisé intelligent « FluidBOX ».

Le capteur « FluidBOX » est capable, en temps réel, de scanner l’ensemble des paramètres relatifs à la typologie des molécules (type, teneur aromatique, volatilité…) qui constituent le carburant pour détecter une empreinte moléculaire particulière parmi des centaines possibles. « C’est l’empreinte digitale du carburant » explique Alain Lunati. Cette information digitalisée est ensuite transmise à l’ordinateur de bord afin d’optimiser les performances de la mécanique, réduire les émissions polluantes et évaluer la qualité du carburant. Si le carburant présente une anomalie, le véhicule passe en mode « dégradé » ce qui entraine une réduction de la puissance ainsi qu’une limitation de vitesse du véhicule.

 

La France avance vers une mobilité plus verte

 

La Directive Européenne (n°2019/1161) et l’Etat français autorisent les poids-lourds à rouler avec 100% de biocarburant en contrepartie d’avantages fiscaux pouvant aller jusqu’à un sur-amortissement de 140%. Pour permettre cela, l’Etat autorise la modification des véhicules et l’ajout d’un moyen de contrôle embarqué et homologué permettant de s’assurer de l’usage exclusif de carburants renouvelables et basses émissions polluantes. C’est ici qu’entre en jeu la start-up !

En effet, le capteur SP3H permet un gain CO2 de 65% à 90% sur les biocarburants. Pour donner un ordre d’idée, pour un poids lourd sur un trajet français et annuellement, utiliser le capteur FluidBOX, c’est réduire les rejets de CO2 de 22 à 30 tonnes par poids-lourd et par an en fonction du type de carburant. Aujourd’hui, en France, il y a 40.000 poids lourds immatriculés par an et plus de 300.000 sur nos routes. Si SP3H prévoit d’équiper 5000 véhicules par an, cela permettrait de s’assurer d’un gain de 2 millions de tonnes sur 5 ans !

Cette technologie garantit l’usage exclusif de biocarburant ouvre ainsi droit aux avantages fiscaux ou à des autorisations de pénétrer dans des zones de types ZFE (Zones à Faibles Émissions). Le capteur SP3H permet d’obtenir la vignette Crit’Air 1 en roulant à 100% sur les biocarburants et permet de réduire les émissions polluantes et particules de plus de 60%. « Pour bénéficier de ces aides, ils doivent prouver à l’Etat que leurs véhicules utilisent exclusivement des biocarburants et notre capteur peut apporter cette preuve » assure le fondateur de la start-up. C’est « une preuve qui permet aux usagers professionnels de la route d’avoir une solution pragmatique et de continuer de faire leur travail sans être pénalisés » explique Alain Lunati.

SP3H est en route vers une industrialisation plus importante encore !